Vers une accélération de la reprise économique au Luxembourg, selon le FMI

Written by wp-cpartners

Publish 19, June 2025

L’économie du Luxembourg est «solide» et la reprise économique devrait s’intensifier ces prochaines années, selon le FMI. Mais les risques subsistent, liés à une conjoncture internationale fluctuante.

«Les fondamentaux du Luxembourg restent solides», salue le Fonds monétaire international (FMI), dans un communiqué publié jeudi 5 juin. Et si “les risques à la baisse prédominent à court terme», prévient l’institution. «La reprise économique devrait lentement gagner en rythme malgré des vents contraires extérieurs».

Après une contraction de 0,7% en 2023, la croissance du PIB est de fait redevenue positive en 2024, atteignant 1%. Cette reprise devrait s’intensifier en 2025, à 1,6%, puis s’accélérer en 2026–2027.

«Surveillance étroite» nécessaire du marché du logement

Les performances économiques récentes du Luxembourg ont été «médiocres», voire «décevantes», et «la reprise prévue se heurte à des vents contraires», précise toutefois le FMI.

Certes, le secteur financier est «résilient», avec des banques bien capitalisées et disposant de liquidités. Mais «le marché du logement, ainsi que d’autres poches de vulnérabilité, devraient continuer à faire l’objet d’une surveillance étroite», prévient le FMI.

L’indexation des salaires, «obstacle majeur à la compétitivité»

Le marché du travail, lui, montre «des signes de ralentissement, à la suite d’une hausse marquée du coût du travail au cours des dernières années», et le taux de chômage devrait augmenter à court terme.

En outre, jusque-là, «la demande intérieure privée est restée atone, en raison de conditions financières restrictives et d’un manque de confiance dans le secteur immobilier».

Le FMI appelle à des réformes structurelles «pour stimuler la croissance tirée par le secteur privé et maintenir le niveau de vie». Fidèle à lui-même, le fonds estime ainsi que «l’indexation des salaires est devenue un obstacle majeur à la compétitivité et une plus grande flexibilité du marché du travail est nécessaire».

Une situation mondiale «fluctuante»

Mais le redressement progressif de l’économie du pays dépend finalement pour beaucoup de la situation mondiale, qui reste «fluctuante». «Les caractéristiques économiques spécifiques du pays – une petite économie ouverte dotée d’un centre financier mondial et d’une part importante de travailleurs frontaliers – rendent la position extérieure sujette à une volatilité importante», remarque le FMI.

L’accélération de la reprise repose ainsi sur une amélioration de la confiance et une reprise progressive de la demande extérieure. Mais «il existe des risques de revers», provoqués par différents facteurs: demande extérieure plus faible, plus grande volatilité des marchés financiers. Sans compter les défis intérieurs dans le secteur de l’immobilier et sur le marché de l’emploi, ni le fait que la productivité a diminué et que le Luxembourg est confronté à des pressions et à des risques budgétaires.

Le déficit structurel se creuse

De fait, côté budget, la dette publique est «faible» et le solde budgétaire, soutenu par des recettes exceptionnelles, s’est amélioré pour atteindre un excédent de 1% du PIB en 2024. Ainsi, «le déficit budgétaire global s’est nettement amélioré», constate le FMI. Mais, en parallèle, «le déficit structurel sous-jacent s’est creusé». Ainsi, «les risques budgétaires sont considérés comme élevés».

Le FMI recommande différentes approches: tout d’abord, revoir l’efficacité et le ciblage des mesures actuelles, puis diversifier les sources de recettes, afin de «réduire la volatilité et l’incertitude des recettes fiscales».

La réforme des retraites saluée

L’institut salue en tout cas les consultations publiques sur la réforme des retraites menées par le gouvernement: «Il est nécessaire de procéder rapidement à des réformes, notamment en réduisant la générosité des prestations – qui sont les plus élevées d’Europe -, en augmentant l’âge effectif et l’âge légal de la retraite, et en augmentant les cotisations de manière bien calibrée afin de minimiser l’impact négatif sur le marché de l’emploi».

Il se réjouit aussi des «mesures récentes visant à améliorer la diffusion des technologies», rappelant que «les efforts doivent se poursuivre pour tirer parti des avantages comparatifs du pays en matière d’adoption de l’IA et de développement du secteur financier».

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